• NordicPat

Mon marathon nordique-plaisir

Dernière mise à jour : oct. 4

J'ai sauté sur ma première occasion de faire un marathon en marche nordique. Il était programmé dans le cadre d'un week-end sport nature dans la forêt d'Andaine autour de Bagnoles de l'Orne, une charmante station thermale normande. L'événement a malheureusement été annulé faute de participants dans la situation encore morose du moment.

J'avais réservé mon week-end et mon hébergement, alors j'y vais quand même ! J'ai bien fait : j'ai eu droit à un temps superbe ce samedi 25 septembre et à de beaux moments de petits bonheurs.


Le plus long marathon du monde

J'étais jusque-là convaincu que c'était celui du Médoc : difficile de suivre la ligne bleue du tracé des 42,195 km en profitant de chaque ravito au Bordeaux ! Eh bien record battu avec l'eau thermale de Bagnoles, mais sans ligne bleue.


Faute de balisage en raison de l'annulation, j'ai récupéré la trace gpx du parcours, pour le suivre en partant seul sur les sentiers. Moyennement confiant dans la technologie et dans mon smartphone, je passe récupérer la veille une carte papier à l'office de tourisme, au cas où… Pas de souci, la Station Trail de Bagnoles propose un plan avec pas moins de 12 parcours balisés. Je m'applique à faire le lien entre la carte et le tracé du marathon. Ça ne colle pas !!! En fait, le tracé adopte des parties de parcours balisés et d'autres en dehors. Bon pas grave, je suivrai la route avec mon appli gps, mon smartphone à portée de main dans une poche de mon camelbag. Malgré toute mon attention, quelques erreurs allongeront le parcours alors que je n'ai bu que de l'eau.


Un marathon "nordique-orientation"

L'avantage de le faire seul, c'est qu'on part quand on veut. Je démarre tranquillement à 9h00 au lieu des 7h30 qui étaient programmés. L'inconvénient, c'est qu'il faut se débrouiller pour suivre le parcours et donc, forcément, perdre du temps pour rester sur le bon chemin. A vrai dire, ce n'est pas un inconvénient pour moi, j'adore l'orientation (cf "S'orienter pour ne pas perdre le nord").

L'enjeu, c'est de sortir le smartphone suffisamment souvent pour faire le point et pas trop pour éviter de passer son temps à se demander où il faut aller à chaque croisement. La technique, c'est de mémoriser le chemin à emprunter pour au moins les deux ou trois prochaines bifurcations. C'est ce que je fais dès le départ, alors que le tracé adopte un des parcours balisés. C'est facile, il suffit de suivre les flèches. J'ai repéré que j'allais devoir tourner à gauche quelques centaines de mètres après avoir traversé une route. J'arrive au croisement en question, la flèche pointe vers la droite. J'avais dit à gauche ? Zut j'ai dû mal mémoriser. Discipliné je suis la flèche. Quelques centaines de mètres plus loin, j'ai quand même un doute. Je m'arrête pour faire le point et en effet, j'avais raison, c'est bien à gauche que je devais tourner pour le tracé du marathon ! J'ai horreur de revenir sur mes pas, alors je trouve l'itinéraire qui va me ramener sur le bon chemin plus loin. C'est décidé, maintenant je me fais confiance et j'oublie le balisage.

Je me sens bien, heureux en pensant à la belle journée qui m'attend. Les chemins sont superbes, le soleil qui joue à travers les branches contribue à me faire marcher le pas léger. J'avance à 6,5 km/h de moyenne sans forcer, bien relâché, que du plaisir ! Une nouvelle petite erreur me fait emprunter une belle montée vers un petit bonheur : un débouché vers ce qui pourrait être la porte du paradis d'un marcheur nordique !

J'apprécie pleinement ce moment. Je refais le point. Là, pas le choix il faut que je fasse demi-tour. Non seulement je ne regrette pas le détour mais je remercie le hasard qui vient de me faire vivre ça.


Un peu plus loin, c'est moins gai : je peine à trouver un chemin qui doit partir en biais vers la droite. J'ai tourné trop tôt, le chemin suit la bonne direction mais vers une espèce de hangar et ne débouche finalement nulle part. Je reviens une nouvelle fois sur mes pas, dommage l'entrée du bon chemin était cachée quelques dizaines de mètres plus loin. Encore un peu plus loin, autour du 11ème kilomètre, j'ai l'impression que c'est mon gps qui perd le nord. Après une grosse montée, j'arrive sur un entrelas de sentiers dont l'un doit me faire redescendre vers les thermes. Impossible de trouver le bon. Je "jardine" (ce que font les orienteurs qui galèrent pour trouver une balise) pendant un bon quart d'heure. Là ça m'énerve vraiment. Je finis par trouver le bon chemin après avoir bouclé une boucle. Ma moyenne a chuté de 6,5 à 6,0 Km/h. J'atteins la zone thermale, encaissée au fond de la vallée de la Vée, pour remonter de l'autre côté par une grosse grimpette rocailleuse, bien technique. Ça ne va pas faire remonter ma moyenne !

Je continue mon cheminement, sans encombre, en faisant le point plus régulièrement. Ça ne favorise pas ma moyenne mais ce n'est pas grave, je n'ai pas de train à prendre. Nouveau souci malgré tout au 26ème kilomètre : j'ai vu que je dois prendre à gauche à une prochaine intersection. J'arrive très vite à une croisée de chemins mais ce n'est pas là, ça doit être un peu plus loin. Je continue donc en entamant une grosse descente suivie d'une grosse montée. Je marche encore quelques centaines de mètres mais bizarre, pas de chemin à gauche ! Je refais un nouveau point : ciel, le chemin que j'avais vu était bien le bon ! Mais à force de zoomer et dézoomer sur l'écran, on perd la notion des distances. Décidemment rien ne vaut une bonne vielle carte ign, en plus j'aurais vu avec les courbes de niveau que je ne devais pas descendre. Il faut de nouveau que je fasse demi-tour. Après avoir monté et descendu, je me retourne et… je redescends et je remonte (ça fait 2 km pour l'aller-retour). Je calcule qu'avec mes différents "errements", mon marathon va faire au moins 45 km.

Tout à coup, sur le chemin du retour au 38ème kilomètre… écran noir ! Mon smartphone est tombé en passe sèche. Pas de panique : je sais que l'arrivée est devant moi. Un coup d'œil sur la flèche de la fonction retour au point de départ de ma Polar me le confirme : c'est droit devant. J'avais découvert l'existence de cette fonction, qui m'a sauvé la vie -au moins remis sur le droit chemin- lors d'une expérience précédente (cf "Une marche dans l'espace temps"). Je progresse sur une route forestière, une longue ligne droite, tout ce que je n'aime pas. J'arrive finalement à Bagnoles après 41 km, par le côté opposé d'où je suis parti. Mais j'ai manqué une dernière boucle qui était prévue au tracé (et m'aurait fait faire les 45 km que j'avais estimés). Du coup j'en ajoute une "petite perso" en contournant le bourg pour bien faire mon marathon complet.

Finalement, j'aurai parcouru, selon ma montre, 42,6 km avec 825m de D+ (pour 42,1 et 713 m D+ annoncés par les organisateurs), en un peu moins de 7 heures de marche.



Des images plein la tête

A aucun moment je ne me suis ennuyé. La concentration sur le parcours, la succession de chemins et sentiers variés, de panoramas et de surprises ont rythmé ma journée. Retour en quelques images images et sensations.

Un superbe soleil qui m'indique la direction, ses rayons qui éclairent le chemin avec douceur, comme pour m'inviter à le suivre, voilà de quoi donner de l'entrain dès les premiers kilomètres. Une petite brume matinale qui termine de se dissiper en bordure de forêt, un ciel lumineux et une sensation d'infini ça donne envie de respirer à pleins poumons. Je ne m'en prive pas.


Juste après m'être engagé dans un chemin en descente, après avoir dû suivre une petite portion de route -ce que je n'aime toujours pas-, je suis récompensé par une jolie surprise : un point de vue magnifique sur un superbe château et ses douves (renseignement pris ensuite, c'est le château de la Couterne). J'adore aussi le chemin qui se poursuit en longeant la Vée, une petite rivière bien sympathique. C'est de ce côté que je remonte par erreur par le chemin vers la porte du paradis que j'avais appréciée : celle du château, de l'autre côté. Mais là, à moins d'essayer de me faire inviter pour un brunch, je dois faire demi tour.

Arrivé dans le secteur des thermes après une douzaine de kilomètres, je dois prendre une décision importante : profiter d'une des offres qui m'est faite par une nouvelle signalétique ou poursuivre mon chemin. Bon, je continue ! Une "longue côte" est annoncée, même pas peur, j'y vais ! Ça vaut le coup : les chemins en haut présentent un joli profil rocailleux. Même un nouveau bout de bitume me parait sympathique.



Tout ça m'emmène dans une autre partie de la commune de Bagnoles : "le château" au sein d'un grand parc (sympa comme mairie !)

Si j'en crois le tracé gpx, c'est dans ce parc qu'est le départ et l'arrivée du parcours officiel. Moi je suis parti de l'office de tourisme en centre ville de Bagnoles, côté lac, et j'ai déjà effectué une belle boucle pour arriver là.



On continue, sur des sentiers encore bien différents, cette fois au cœur de la forêt des Andaines. Certains grands chemins me rappellent une partie des "miens" (les plus plats). Une invitation au repos : le "lit de la Gione" ! Mais non, même pas (et surtout pas) avec elle ! Il n'y a pas de belle sortie pour moi si je ne croise pas une mare. Là j'ai trouvé mon bonheur.


Des chemins sont évidents à suivre, d'autres moins. Certains panneaux de signalisation des parcours ont parfois le mérite de me confirmer que je suis bien sur un parcours "officiel".


Un soin particulier à même parfois été apporté pour garder les pieds des marcheurs au sec. Heu, je passe où là ?

Par là !



Des nourritures terrestres et de l'esprit

J'ai emmené ce qu'il faut de pâtes de fruits pour me ravitailler régulièrement en marchant. Mais le sucré, on se lasse ! Je m'arrête à la mi-parcours vers le 22ème kilomètre pour une pause ravito-jambon-beurre. Ça fait du bien mais je ne traîne pas : je n'ai pas pris ma frontale !

Je repars donc rapidement, en mettant de la musique (je n'ai pas oublié mon casque à conduction osseuse). Je n'y ai pas pensé ni eu l'envie de le faire jusque-là, tout occupé à profiter des paysages et suivre le bon chemin. Sachant que je vais maintenant avoir un parcours assez rectiligne, j'en profite pour écouter le nouvel album de Stacey Kent : Song from other places, réalisé pendant le confinement. J'adore, notamment une de ses superbes chansons "I Wish I Could Go Travelling Again" (j'espère pouvoir partir voyager à nouveau). Comme je la comprends, moi j'y suis ! Superbe cette musique pour marcher bien relâché mais pas idéal pour une cadence tonique.

J'enchaîne avec ma playlist perso RSS (Rumba Salsa Samba). Décidément, rien de tel pour mettre la pêche sur mon 2ème semi-marathon et du soleil plein la tête. Elle prendra fin brutalement en même temps que mon guidage gps.


Voilà pourquoi mon smartphone s'est déchargé en quelques heures : gps, photos et musique, c'est trop pour lui !


A deux reprises je constate l'effet du besoin énergétique. Je n'ai pas programmé de durée particulière entre les ravitaillements, je sors une pâte de fruit quand j'en éprouve le besoin. Et finalement, c'est plus le cerveau qui réclame plus que le corps. Par deux fois j'ai eu la sensation d'avoir la tête qui tourne un peu, certainement par manque de sucre. Une pâte de fruit et quelques gorgées d'eau et ça passe tout de suite. Au rythme tranquille auquel je marche, les muscles vont chercher leur carburant dans les graisses plutôt que dans les sucres rapides. Pas de souci de ce côté : j'ai de la réserve. Il faudrait que je marche vraiment très longtemps pour épuiser le stock !

L'eau en revanche, c'est essentiel pour maintenir l'effort. J'ai rempli à ras bord la poche à eau de 2 litres de mon camelbag. Grand, moment de solitude vers le 35ème kilomètre : j'aspire une Nieme fois sur la pipette, c'est vide ! Je sais que je vais encore avoir une dizaine de kilomètres à parcourir (si je ne fais pas de nouvelle erreur d'orientation), ça va être très compliqué !!!

J'ai une lueur d'espoir quelques centaines de mètres plus loin, avec l'annonce d'un point d'eau incendie. Peut-être pourrais-je y faire le plein ? Elle est vite éteinte, la lueur : en fait de point d'eau, il s'agit de l'étang de la Brisette. Je se suis pas assez assoiffé pour oser remplir ma poche avec son eau.

Heureusement, une de mes belles rencontres sera salvatrice.


Des belles rencontres

C'est finalement ce qui fait tout le charme d'une belle sortie, j'ai été gâté. J'ai croisé de nombreux trailers, solitaires ou en groupe, probablement venus comme moi pour faire l'un des parcours "en off". Et même des marcheurs nordiques : un grand groupe croisé rapidement après le départ, tous avec la banane, moi aussi.


Une rencontre révélatrice

Sur un long chemin rectiligne, j'aperçois au loin un couple de promeneurs. Je les rattrape assez rapidement à une croisée de chemin. Je m'arrête pour faire le point : est-ce là que je dois prendre à droite ou est-ce plus loin ? C'est plus loin ! On se salue cordialement. Notre courte rencontre me parait révélatrice de la différence entre le comportement féminin et masculin :

ELLE vient vers moi pour me demander la direction de ??? Désolé je ne sais pas, je ne connais pas du tout le coin. Elle insiste un peu : c'est un restaurant ! Je ne peux vraiment pas l'aider.

LUI est concentré sur son smartphone : ça doit-être de ce côté. Regarde il faudra aller par là. Elle, elle s'en fiche, l'orientation c'est son problème à lui. Elle aurait préféré tomber sur quelqu'un qui puisse la renseigner.


Une rencontre émouvante

Plus loin, un promeneur avec ses chiens m'entend arriver, s'arrête et se met se met sur le côté pour me laisser passer. Lui : "Allez-y vous marchez plus vite que moi". Moi : "C'est normal, j'ai des bâtons". Ses deux chiens sont des beagles, j'adore j'en ai eu un dans ma jeunesse. Je m'arrête un instant, ils ont vraiment une bonne tête les toutous. Lui me raconte que ses chiens c'est sa vie. Un chasseur a voulu lui en acheter un. Pas question : l'acheteur lui disant qu'il pouvait lui en offrir un bon prix, il lui a répondu que même pour un million il ne se séparerait pas de son chien. Heureusement la fric n'a pas encore tout pourri. Il me raconte qu'il espère que ses chiens mourront avant lui : j'ai 62 ans me dit-il, ça devrait aller. Mais ils seraient sinon trop malheureux. "J'ai d'ailleurs prévu les choses avec mon vétérinaire : je lui ai demandé de les euthanasier si jamais…"


Une rencontre inattendue

Je croise une marcheuse qui arrive en sens inverse, ses bâtons et sa technique de marche ne laissent pas de doute : c'est une marcheuse nordique. On se salue et on s'arrête pour échanger quelques mots. Elle apprécie les chemins autant que moi. Elle aussi est venue pour faire le marathon nordique en "off" mais en suivant un des parcours balisés, en sens inverse. Son mari nous rejoint quelques instants après. Elle me demande : vous êtes NordicPat ? Je suis interloqué ! Je lui réponds que oui en me demandant par quel miracle elle peut le savoir. Elle m'explique qu'elle me suit sur les réseaux et qu'elle a vu l'article sur ma participation à l'Euronordicwalk'in Vercors. C'est l'une des rare fois où j'apparais en photo : autant j'apprécie de développer ma passion pour la marche nordique sous tous les angles, autant que ne suis pas enclin à m'afficher personnellement. Extraordinaire, je n'aurais jamais imaginé que la renommée de NordicPat atteignait de tels sommets. Bonjour Patricia.


Une rencontre salvatrice.

Alors que je me demandais dans quel état j'allais terminer mon périple sans eau, je rencontre au bord de l'étang de la Brisette, là ou mon espoir de refaire le plein s'est envolé, une bande d'ados qui sont à la pêche à la ligne. Je vois une table couverte de victuailles (enfin, chips, coca et tous les trucs que consomment les jeunes). Je vais vers eux pour leur demander s'ils n'auraient pas un peu d'eau à me donner. Super, ils ont ça aussi. Ils me proposent d'autres choses, un peu à manger peut-être ? Non ça va comme ça, merci beaucoup. Vous venez d'où me demandent-ils ? Je fais un circuit autour de Bagnoles, là j'en suis à 35 km. Ils n'en reviennent pas et doivent se dire qu'il y a des fous sur terre, la pêche c'est quand même plus cool.


Même pas mal !

Après le forfait (sportif) de mon smartphone, je me reconcentre sur "mon geste". Je pense relâchement (aller, jusqu'au bout !), amplitude, c'est pas trop mal, poussée sur les bâtons... Je prends subitement conscience d'un problème côté déroulé du pied : je marche comme si j'avais des sabots, chevilles complètement verrouillées. Mes nouvelles chaussures MT2, qui n'ont que quelques kilomètres au compteur, n'y sont pour rien (voir la saga des godasses). J'ai l'impression que c'est un réflexe issu des trop nombreuses blessures que j'ai eues aux tendons d'Achille avant de marcher nordique, comme si mes pieds "se mettaient en sécurité" pour préserver mes tendons après une trop longue sollicitation. Mais bon, ça va !


Je termine mon parcours, un peu déçu d'avoir manqué la dernière boucle, même si elle m'aurait fait prolonger le plaisir de quelques kilomètres de plus. Je pouvais encore les faire sans difficulté, je n'éprouve pas de fatigue excessive, mes jambes et mes bâtons me soutiennent encore sans problème. Dans l'euphorie du retour, je m'offre même une petite pointe entre 7,5 et 8,5 km/h sur un beau chemin bien plat.

Une petite douche vite fait au retour et je me précipite vers la terrasse la plus proche pour m'offrir une bière bien méritée. Enfin, j'essaie de me précipiter : là, à froid et sans bâtons, je marche vraiment comme un canard !

A part ça, ça va. Aucune trace de douleur ou de fatigue le lendemain matin : je pars en pleine forme rejoindre un groupe de coaches et animateurs de la FSGT61, réuni non loin de là à Flers pour un stage de perfectionnement avec Gérard Bernabé. Une invitation d'une autre Patricia, qui savait que je passais dans le coin, là ce n'est pas un hasard. Encore un grand moment de plaisir qui m'a permis de joindre l'utile (prise de conscience de plein de progrès à faire) à l'agréable (un super moment avec une sympathique équipe et un coach compétent et rigolo).

Mais ça, c'est une autre histoire.

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