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Marcher plusieurs lièvres à la fois

Dernière mise à jour : juil. 20

J'ai fait l'expérience que ce n'est pas facile (en tout cas pour moi) en m'alignant sur deux compétitions de marche nordique bien différentes à deux semaines d'intervalle : L'Ultramarin à Vannes puis Lyons la forêt en Normandie.



28 km en Bretagne le long du golfe du Morbihan, quasiment plats, 22 km en Normandie avec près de 700m de D+ dans la forêt de Lyons, l'une des plus belles hétraies d'Europe. On considère que 100 m de dénivelé positif correspond à un kilomètre supplémentaire au niveau énergétique, donc deux épreuves qui se valent à peu près en termes d'effort… en théorie.

En théorie, oui peut-être, dans la pratique pas vraiment ! Autant je me suis senti à l'aise jusqu'au bout à Vannes (cf mon compte rendu), autant j'ai dû terminer au mental à Lyons sur les derniers kilomètres.

Un calendrier peu propice à la préparation de deux épreuves si différentes.

Deux semaines entre les deux, ce n'est "pas top" en respectant scrupuleusement les principes que j'ai développés dans l'article "Construire son plan d'entrainement". S'accorder une semaine de récupération après une épreuve, et une semaine "d'affûtage" avant en allégeant la charge d'entrainement pour "faire du jus", c'est bien. Mais quand il y a deux semaines entre les deux, ça ne fait pas grand-chose pour préparer la deuxième.

Mon objectif principal étant l'Ultramarin, je l'ai préparé en "travaillant" surtout l'endurance, le rythme et la technique de marche, au détriment du dénivelé. Peu de côtes dans les jambes donc pour affronter le dénivelé de Lyons la Forêt, mes cuisses me l'ont fait remarquer sur les dernières grimpettes… encore après la douche, et même ensuite dans mon canapé.

Pas de chance pour le viking (d'adoption) que je suis : je ne supporte pas la grosse chaleur mais elle s'est invitée ce 18 juillet après des semaines de temps pourri. Il faisait nettement plus frais chez les bretons !


Compte rendu de ma compétition à Lyons

Le trail de Lyons la Forêt propose trois parcours : 12, 22 et 30 km dont des épreuves spécifiques marche nordique sur le 12 et le 22. Un beau succès pour cette édition 2021, dans le joli village normand niché au fond de la forêt, sauf pour les marches nordiques qui n'ont pas attiré un monde fou : 39 finishers sur le 12 et… 13 sur le 22. L'avantage, c'est qu'il n'y a pas de bousculade au départ.

Je pars devant avec quelques "cadors" habitués à truster les podiums dans la région. Aucun espoir pour moi mais pas grave, je suis là pour me faire plaisir… enfin pas trop mal, comme d'habitude. Les deux premiers prennent rapidement le large mais je suis heureux de constater que je les conserve un long moment à vue. Un autre concurrent me suit de près (je ne le vois pas mais je l'entends) parfois tout près, parfois un peu plus loin.

Pas grand monde à rattraper dans ces conditions comme à Vannes, sauf quelques trailers "à la ramasse", partis un peu avant nous. On se fait en revanche dépasser par des coureurs qui nous laissent sur place, certainement ceux du 30 km. Heureusement ça met un peu d'ambiance. Cela dit, le parcours est superbe avec ses successions de montées et descentes, la première grosse grimpette intervenant à environ 2 km du départ, histoire de donner le ton.

Je me sens parfaitement à l'aise en tâchant de rester le plus relâché possible y compris dans les montées… jusqu'au 15ème kilomètre. Là, on sort de la forêt pour un long passage en plaine, en plein cagnard. Il me fait mal, plus que les côtes. Comme aussi les portions de route à découvert : en plus je ne supporte pas de marcher sur le bitume sans pouvoir planter les bâtons, ou alors d'un seul côté sur le bord. Heureusement on redescend dans la forêt, de l'ombre enfin ! Une belle descente... avant une nouvelle montée, forcément ! Et là, j'entends parler derrière moi : un marcheur qui a rejoint celui qui me suit depuis le début, je suppose. Tous deux me dépassent à l'attaque de la grimpette. Je décide de rester à mon rythme (qui a bien baissé) sans chercher à accrocher le wagon. Le 2ème de la compétition, que j'apercevais depuis un moment, est lui en perdition : quasiment à l'arrêt dans la côte. Je le dépasse et je fais mes comptes : J'étais 3ème ; avec les deux qui viennent de me dépasser je me retrouve 5ème ; et donc maintenant 4ème en regagnant une place. Je reste au contact visuel des concurrents qui m'ont dépassé sans avoir la gnaque nécessaire pour revenir.

Vers la fin, Je suis à une centaine de mètres derrière le 3ème sur un long bout de route en descente vers l'arrivée. Là je peux marcher dans l'herbe sur le bas-côté, tranquille : je me dis que le classement est fait. On entend le speaker, mais non ce n'est pas fini : les organisateurs ont concocté une petite surprise : un dernier raidillon à prendre sur la gauche de la route avant de rentrer avec une dernière descente sur un petit sentier. Et là, arrivé en haut, nouvelle surprise : le concurrent qui me précède n'est plus qu'à une vingtaine de mètres devant. Finalement non, le podium n'est peut-être pas joué ! J'échafaude une stratégie de fourbe : rester discrètement derrière jusqu'à la dernière ligne droite avant l'arche (que j'avais repérée comme à mon habitude) avant de "tout mettre", enfin ce qui me reste, dans un sprint final. Je la mets en application et je le laisse sur place à l'entrée de la ligne droite. Très sport, il me félicite au passage : "Je ne t'avais pas vu, bravo !".


Ouf, ça fait quand même du bien quand ça s'arrête !!!

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