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Mon Ultramarin 2021

Il parait que toutes les saisons se succèdent en Bretagne en une seule journée. C'est faux : c'est en une demi-journée ! C'est ce que j'ai constaté cette matinée du dimanche 4 juillet à l'occasion de l'édition 2021 de l'Ultramarin. Un peu de soleil (timide), des bourrasques de vent le long du golfe du Morbihan, des petites bruines sporadiques et un une averse de grêle, tout y était ! Mais finalement je préfère ça à la canicule pour marcher.



L'événement

Une organisation sans faille (au moins apparente), des bénévoles aux petits soins, un public chaleureux sur le parcours, des animateurs enjoués… toutes les conditions étaient réunies pour proposer un bel évènement sportif. Merci à tous !


Le village animations : Ça sent la Covid !


Par rapport à l'édition 2019, le village s'est réduit comme peau de chagrin. Les exposants ont déclaré forfait. Seuls Marche Nordique Magazine et Compeed étaient au rendez-vous. Les organisateurs de grands classiques du trail ne sont pas non plus venus présenter ler compétition. En revanche, personne ne pourra reprocher le non-respect des mesures sanitaires : Obligation systématique de présenter son QR Code et sa pièce d'identité pour entrer chercher son dossard dans le village et masque obligatoire bien sûr.


La compétition en marche nordique : Ça sent le roussi !


Moins de 400 finishers cette année contre plus de 1 200 sur l'édition précédente. Une grosse désaffection des marcheurs donc, pour des raisons que j'ignore. C'est bien dommage. Et surtout, si l'annonce de dernière minute de l'obligation de marcher avec des pads aux bâtons est reconduite pour la prochaine édition, cela sonnera probablement le glas de l'épreuve : une mesure inadmissible pour les compétiteurs et sans rapport avec le règlement FFA pour la labellisation de l'événement.


Pads ou pas pads ?

C'est clair : obligation d'en être équipé, ce qui a fait hurler les compétiteurs.

J'ai donc "fait avec", bon gré mal gré. Mais ça ne fait aucun doute : c'est beaucoup moins efficace ! Je me suis un peu entrainé en marchant systématiquement avec lors de mes dernières sorties de préparation. En adaptant le geste (bâtons légèrement plus verticaux), ça passe à peu près, sauf en accélérant très franchement lors de séries en fractionné. Bon, comme j'étais loin de ma VMA sur les 28 km du parcours, en toute objectivité ça ne m'a pas gêné plus que ça même si j'aurais aimé avoir plus de "répondant" en poussant sur mes bâtons. A contrario, je suis incapable de marcher sur du bitume avec les pointes et, là, les pads m'ont été plutôt été bénéfiques d'autant qu'il y a quand même de longs passages sur route ou sur des quais en ciment, en pierres ou en pavés.

J'ai vu pas mal de marcheurs qui les ont enlevés sur le parcours. Sans vouloir être méchant, pour quelques uns compte tenu de leur technique de marche et de la "puissance de la poussée"… ça ne doit pas changer grand-chose pour eux !


Une mesure (imposée par les municipalités !?) qui n'a aucun sens !


Préserver les chemins en évitant les soi-disant dégâts causés par les pointes est une ineptie !!! J'ai observé attentivement des portions de chemins gras en rattrapant des marcheurs sans pads. Des traces de pas, j'en ai vu. Des traces de pads, j'en ai vu aussi (comme des toutes petites semelles), mais des trous provoqués par les pointes… rien qui ne puisse disparaitre aussitôt !!! Des nuances sonores pour les riverains ? Je ne suis pas persuadé que le passage des marcheurs pendant quelques heures une fois par an provoque plus de nuisances que les hordes de touristes pendant toute la saison. Les retombées économiques sont en revanche, elles, bien réelles dans les deux cas.

Voilà un bel exemple de posture dogmatique vraisemblablement adoptée par des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent.


Les juges : pédagogues et "très gentils"


J'ai entendu beaucoup de remarques des juges tout le long du parcours. Fort heureusement elles ne m'ont jamais été destinées (la classe, ma technique de marche !?). Elles portaient le plus souvent sur la qualité de la poussée, mais je suppose qu'ils ont été briefés pour être indulgents en raison des pads : "je sais que c'est difficile mais c'est l'intention que je regarde ; passez quand même la main derrière la fesse". Parfois un peu plus sévères : "ça ne vous empêche pas de passer la main devant le buste". Parfois plus menaçantes : "Attention si vous me revoyez, moi ou un de mes collèges !". Mais je n'ai vu aucun carton distribué. Et pourtant, certaines techniques me semblaient plutôt "folkloriques" pour une compétition labellisée FFA.

Peut-être aussi les juges conservaient-t-ils leurs cartons pour la tête de course !? Il y en a qui ont été distribués, y compris pour certains de celles et ceux qui sont montés sur le podium.


Ma compétition.

J'ai un rituel, adopté depuis très longtemps lorsque je courrais : aller observer la ligne d'arrivée avant la compétition. Ça permet de la visualiser pendant la course quand ça devient dur, en imaginant la joie de la passer avec le sourire. Hé oui, ça aide ! Je n'ai pas dérogé à ma règle, mais ça n'a pas été utile cette fois, je me suis senti à l'aise du début à la fin. Sans doute le signe que j'ai perdu la "gnaque" du compétiteur pur et dur pour aller chercher mes limites.


Après un échauffement classique mais sans monter en cardio, je me positionne au sein du groupe du 2ème sas de départ (sur 4) : Je n'ai pas l'intention de rivaliser avec les cadors devant ! En plus, sur les gros événements, j'adore partir un peu derrière et remonter le peloton, c'est top pour le moral même si on perd un peu de temps. Ça n'est pas très facile aujourd'hui, les chemins étant plutôt étroits mais ça prolonge le plaisir. En fait, j'ai remonté sur presque toute la compétition, beaucoup de monde au début, de moins en moins ensuite au fil des kilomètres. C'est satisfaisant quand on rattrape et dépasse un compétiteur ou compétitrice, "jouissif" quand c'est un petit groupe. J'ai failli me faire dépasser vers la fin : des bruits de bâtons que se rapprochaient sérieusement derrière moi. Bon ok je ne suis pas à une place près, mais quand même ! Du coup j'en ai "remis une couche" pour faire comprendre qu'il n'en était pas question. Merci aux bâtons derrière, ça m'a permis de terminer à bloc : 7,99 km/h sur les 1 400 derniers mètres depuis de dernier pointage, selon le chronométrage officiel (une vraie allure de supermarché).

Mon vécu cette année comparé à celle de ma première participation sur l'édition 2019


Au moins c'est constant en termes de performance : à peu près 7,8 km/h dans les deux cas (mais 2 km de plus à faire cette année). Grosse différence : j'avais "pioché" sur les 2 ou 3 derniers kilomètres sur l'édition précédente, "même pas mal" cette année !

Au niveau classement : 51ème contre 173ème en 2019. YESS !! Mais bon, restons réaliste : sur 1 144 finishers en 2019, 369 cette année. C'est un petit progrès quand même : dans les 13,8 % premiers, contre15, 1 % la fois précédente. Peut-être un jour dans le top ten ? C'est sans doute un peu tard pour y penser.


Les facteurs limitant de ma performance :


  • Évidemment la marche avec les pads. Je n'ai aucune idée de ce que ça représente en temps perdu sur les 28 km mais il est certain qu'il y en a.

  • La crise sanitaire : Aucune compétition depuis des lustres. En 2019, j'avais inclus une compétition par mois depuis le début d'année en préparation de mon objectif principal qu'était l'Ultramarin.

  • Pas de natation depuis longtemps pour la même raison alors que je nageais minimum deux fois par semaine (Je me demande si je sais encore nager aujourd'hui : toujours pas repris !). Je l'ai bien senti, avec de petites douleurs sur le devant des épaules (les deltoïdes) vers la fin, qui m'étaient épargnées avant grâce au travail de musculation en crawl.


Les facteurs favorisant la performance


Une meilleure technique de marche.

Même si en 2019 j'avais acquis des bases après un an de pratique, ma technique était encore largement perfectible. Je l'ai améliorée sur 3 points :

  • La poussée : J'avais encore du mal à conserver en permanence une poussée efficace, maintenant c'est plus naturel.

  • La cadence : J'ai enfin assimilé que ce sont les bras qui impulsent la cadence. J'y ai beaucoup pensé tout au long de la compétition (merci coach !).

  • La posture et le relâchement : C'était mon plus gros souci. A force d'application sur une marche "en conscience", je peux maintenant marcher plus relâché, sans rentrer la tête dans les épaules. Ce n'est pas encore définitivement gagné, j'ai dû souvent me reprendre : "Hep, tête haute, regard loin devant !!!"

Mon secret, c'est l'application dans le "travail" avec l'aide de mes "Tutos audios", dont je suis le premier bénéficiaire (cf rubrique La technique du blog). Fort heureusement je suis encore loin de la perfection, j'ai encore de la marge de progrès et donc du travail à poursuivre.



Une bonne préparation physique avec un plan d'entrainement rigoureux.

Il repose sur l'alternance de beaucoup de sorties tranquilles en endurance (avec ou sans musique), de séances spécifiques en fractionné (VMA et "au seuil") et de sorties longues. La gestion de "microcycles" pour arriver au top le jour J intègre aussi des phases indispensables de récupération et une semaine d'affutage avant, avec un allègement de la charge pour "faire du jus".



L'expérience de ma première édition et la sérénité qu'apporte une bonne préparation.


Je savais que j'étais capable de marcher les 28 km à un rythme soutenu. Une préparation rigoureuse m'a permis de m'aligner en toute confiance, sans pression, et de marcher en toute décontraction sans souffrance jusqu'au bout.


















Et toujours, en toutes circonstances avant, pendant, et après :


Du plaisir, du plaisir et du plaisir !!!






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