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Un classement sur les MN locales ?



Je rentre satisfait d'une compétition près de chez moi : la Rolinordik. Une "petite compétition" qui a tout d'une grande pour rendre un marcheur nordique heureux.

Voir le compte-rendu.

Tout, sauf peut-être la pratique d'un certain nombre de marcheurs… nordiques ?


Des techniques très "approximatives"

NB : Par souci de simplification, je parle ici de marcheurs au sens large : marcheuses et marcheurs dans la pratique.


Les polémiques sont récurrentes autour du respect du règlement de la marche nordique à l'occasion des compétitions labellisées FFA, sous le regard des juges et la menace de leurs cartons. Règlement adapté ? Suffisamment précis ou pas assez ? Techniques de marche à autoriser ou non ? Juges pas assez sévères ? Ou trop ?... Pas simple !

Alors sans juge !!! Ce n'est pas nouveau, c'est le propre de toutes les compétitions non officielles de marche nordique, la Rolinordik ne fait pas exception.


Des marcheurs "très athlétiques" chez les nordiques

Ils sont nombreux, y compris sur les podiums. On peut d'ailleurs s'interroger sur leur intérêt dans ces conditions. Heureusement, on voit également des marcheurs nordiques sur les chemins, sur les podiums aussi. Mais aligner un champion de marche nordique qui marche à 10 km/h face à son homologue athlétique qui marche à 15 n'aurait pas vraiment de sens, même en mettant des bâtons dans les mains de ce dernier. A un niveau plus modeste, cela fait souvent râler dans nos pelotons d'amateurs, surtout à l'avant, quand des marcheurs n'appliquent pas un minimum des fondamentaux techniques de la marche nordique.

Une marche nordique non conforme peut finalement être liée à deux types de raisons : soit des "compétiteurs" qui veulent tout prix être devant, y compris au mépris du respect des règles élémentaires. Soit des marcheurs qui n'ont pas réellement acquis les bases techniques. C'est souvent le cas pour ceux qui marchent occasionnellement en compétition sans porter d'ailleurs un grand intérêt au classement, voire aucun. Eux sont là pour se faire plaisir, sans autre ambition que de se faire du bien. Ils s'en feraient encore d'avantage en acquérant le bon geste grâce à leur coach.

Une technique trop éloignée des règles fondamentales de la marche nordique se comprend et s'admet beaucoup moins pour ceux qui visent un podium ou même un "top ten" à l'avant du peloton.


De tout dans les pratiques… et les attitudes.

J'ai encore vu "du n'importe quoi" sur la Rolinordik. Passe encore pour le défaut de poussée, avec la main qui s'arrête au niveau de la hanche. Mais quand les bras restent à l'équerre devant, les bâtons verticaux juste histoire de se stabiliser, là non ! Cette "technique" permet quand même de monter sur un podium. Certains sont même parfois à la limite (ou au-delà) de trottiner, voire de courir sur certains passages.

Il y a aussi de très belles marches athlétiques. La première féminine, qui me dépasse à mi-parcours avait un superbe déhanché digne de Yohan Diniz. J'ai eu l'occasion de l'apprécier : je lui 'emboîte le pas en faisant l'élastique sur la 2ème moitié du parcours. Sur une petite partie goudronnée qui nous amène vers l'arrivée, elle a même les deux bâtons en l'air, qu'elle utilise parfaitement… comme balanciers. Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas eu la courtoisie de rester derrière comme je l'avais fait avec une marcheuse "vraiment nordique" à l'occasion d'une autre compétition locale voir le récit de "La Robert le Diable"). Mais là, je ne pouvais quand même pas laisser une marcheuse athlétique devant, je n'ai pu faire autrement que de la coiffer sur les derniers mètres !

Différences de techniques et différences d'attitudes aussi : Je vais m'excuser auprès d'elle de ma goujaterie tout en lui disant gentiment qu'elle ne faisait pas de la marche nordique. On s'en amuse et elle reconnait qu'elle fait habituellement du trail et de la marche athlétique et qu'elle a du mal avec les bâtons et l'amplitude. Du coup on se met à discuter technique, vraiment sympa !

D'autres marcheurs tolèrent beaucoup moins les remarques et se fâchent, comme encore aujourd'hui avec mon coach. C'est le cas sur presque toutes les compétitions. Le plus drôle est l'argument d'un compétiteur à qui je faisais, lors d'une autre compétition, la remarque qu'il trottinait : "oui mais j'ai 70 ans !" m'a-t-il répondu, très énervé.


Alors, on fait quoi ?

Ne plus participer à des compétitions non labellisées ?

Surtout pas, de mon point de vue. Même si c'est loin d'être parfait, cela donne l'occasion à de nombreux marcheurs plus ou moins nordiques de prendre plaisir à s'aligner sur une compétition pas trop loin de chez eux. Pour certains, ça peut-être une motivation pour se perfectionner, ambition de podium ou pas. C'est aussi une façon de distinguer la marche nordique de la randonnée, par sa dimension sportive.


Briefer les participants sur la nécessité de respecter les règles ?

Je doute que ce soit efficace, chacun fera de toute façon ce qu'il veut... ou ce qu'il peut. Cela se fait d'ailleurs parfois sur la ligne de départ de certaines compétitions, une grande partie des participants n'écoute même pas.


Sanctionner les contrevenants.

Sans véritable compétence, on ne peut pas demander à des bénévoles de jouer au juge. Mais sans entrer dans les subtilités de la règlementation, il serait quand même possible d'identifier et sanctionner les triches flagrantes, notamment ceux qui se mettent à courir ou conservent leurs bâtons en l'air. Le mieux que j'ai vu en la matière, à l'occasion d'une autre compétition, était une marcheuse qui portait ses bâtons à la main (ça doit être moins fatigant) .


La seule solution envisageable me semble être une formation appropriée dans les clubs (FFA ou non) avec des consignes de toutes les fédérations concernées.

Il est clair que la plupart des marcheurs nordiques n'ont aucune envie de participer à une compétition. Certains ayant pris de "mauvaises habitudes" ont du mal à s'en défaire et n'ont pas envie de "se prendre la tête". Ce n'est pas grave, le coach ne peut pas grand-chose dans ce cas.

En revanche, il joue un rôle décisif auprès des nouveaux venus pour leur faire acquérir les bonnes bases rapidement. On pourrait aussi imaginer des séances techniques spécifiques pour ceux qui souhaitent s'inscrire à des compétitions : des apports pour valider une "technique minimale" et la mise en lumière d'une "éthique" du marcheur nordique en compétition.

Ce n'est pas forcément insurmontable mais repose totalement sur l'impulsion des fédérations, le bon vouloir des clubs, l'engagement et les compétences des coaches.


Continuer à prendre du plaisir

Tout cela ne m'empêche pas de prendre plaisir à participer à une compétition, quelles qu'en soient les conditions et les dérives. Pour ma part, je m'intéresse d'abord à mon propre ressenti, indépendamment de ce qui se passe autour. Je m'applique à "faire au mieux". Je ne suis pas sûr d'être toujours irréprochable moi non plus mais certain de ne pas tricher. Je suis, aussi, respectueux de la nature : j'ai laissé tombé à cette occasion le tube du gel énergétique que j'ai absorbé, en essayant de le remettre dans une poche. J'ai perdu de "précieuses secondes" en faisant demi-tour pour aller le ramasser. Jeter des détritus doit être un motif d'exclusion systématique.


Cela n'empêche pas non plus de conserver un esprit de compétition si on en a envie. Je termine dans le "top ten" en 1h30 sur les 12 kilomètres du beau parcours vallonné qui nous est proposé : 9ème au scratch avec un petit 8 km/h dans ces conditions, avec deux longues "grimpettes" bien pentues, à 2'30 de mon coach. Ca me va bien : je suis à mon niveau sans regarder le classement. Lui termine 1er dans sa catégorie, au pied du podium au scratch sur lequel il aurait dû monter s'il n'y avait eu que des "vrais marcheurs nordiques".

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